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Le coup de gueule du président

publié le 28 sept. 2013 à 22:08 par Toni Turi

Lettre ouverte à « toi » qui salis le football

11 septembre 2013, 00:26

Le football a touché le fond, le football provincial creuse encore…

C’est un constat, le football est malade ! J’en prends pour preuve mes expériences personnelles mais également les péripéties vécues par d’autres clubs et relayées chaque semaine par la presse. Le football, j’aime le pratiquer entre potes sans autre enjeu que de désigner un vainqueur et un vaincu. Juste pour le plaisir de donner le « meilleur », le temps d’un match, et la joie de se remémorer chaque phase de jeu, à l’envi, autour d’un bon verre.

En tant que dirigeant de club, je mets un point d’honneur à « choisir » mes transferts. Souvent les amis des amis qui savent que la convivialité est une valeur essentielle aux yeux du club. Ceux qui « cherchent la bagarre », qui aiment insulter les gens et qui veulent « tuer leurs adversaires » lors de chaque rencontre peuvent passer leur chemin ; le FC Casteau n’est pas un club pour eux.

Certes, nous ne sommes pas parfaits. Ceux qui me connaissent vous diront même que je râle souvent, que je taquine parfois et qu’il m’arrive d’être de mauvaise foi à certains moments. Mes gars aussi sont des râleurs, se disputent à l’occasion, et, parfois, crient sur l’arbitre « qui ne voit rien » mais, une fois encore, les insultes et les coups n’ont pas leur place chez nous.

L’arbitre est souvent au cœur du débat. Nullissime pour les uns, excellent pour les autres. Aveugle sur certaines phases et trop « regardant » dans d’autres situations. Je profite d’ailleurs de cette « tribune » pour faire mon mea culpa car il m’arrive également d’aller dire à l’arbitre que tel goal n’aurait pas dû être annulé, que telle action sanctionnée était valable à mes yeux et que le penalty accordé à nos adversaires était imaginaire (toujours selon mon interprétation). Mais je veux que tu saches, toi l’arbitre, enfin, vous Monsieur l’arbitre, que la plupart des footballeurs et autres amis du football vous respectent énormément. Nous ne sommes pas toujours d’accord, mais nous sommes conscients que votre tâche n’est pas aisée. Au final, nous avons la même passion… le football ! Et rien que cela devrait suffire à nous rassembler à la buvette après le coup de sifflet final.

Je m’adresse maintenant à toi ! Oui, toi, celui qui a provoqué mon coup de gueule ! Toi qui contribues, chaque week-end, à noircir davantage notre sport. Toi qui alimentes les faits divers alors que tu devrais te distinguer par tes performances sportives. Toi qui te permets de dire que la mère de tel ou tel joueur est une « fille de joie ». Toi qui as insulté mon attaquant tout le match durant parce qu’il allait trop vite pour toi. Ou toi « pseudo supporter » qui m’as promis de « me fermer la bouche à coups de poings si je continuais à supporter mes couleurs » parce que notre victoire te dérangeait.

Si tu es si fort, pourquoi ne joues-tu pas plus « haut » ? Si tu aimes tant la bagarre, pourquoi ne vas-tu pas te défouler sur un ring encadré par des pros ?

Alors, n’en déplaise à certains, nous continuerons à chanter que « nous sommes fiers d’être Castellois ». Et nous prendrons toujours un plaisir certain à reprendre en cœur la chanson ridicule de notre coach lors de chacune de nos victoires. Et si, dans le vestiaire voisin, tu penses que nous sommes en train de te narguer, tu fais fausse route. Nous sommes simplement en train de fêter une victoire. Pas la finale de la Coupe du Monde, non ! Juste notre victoire…

Sache que, pour l’instant, tu n’as pas encore réussi à me détourner du football et que je continuerai à jouer contre toi. Et tu continueras à me voir également sur le bord du terrain comme je le fais depuis plusieurs années. Et je viendrai chez toi, dans ton club, pour encourager mes joueurs. Je me déplacerai toujours avec respect mais jamais la peur au ventre car il n’y a pas de zone de non-droit dans ma conception du football. Je le répète, pour l’instant, tu devras accepter, sans recourir aux insultes et à la violence, que d’autres personnes aient la faiblesse d’encourager un autre club que le tien.

Le football est mon hobby, mon sport, ma passion. Malheureusement, je m’y retrouve de moins en moins. Et quand certains me disent que le football est pourri par l’argent et par les comportements honteux de certaines personnes, je manque cruellement d’arguments pour défendre notre cause.

Heureusement, il y a les autres. Toi qui continues à te déplacer le week-end pour ton plaisir. Toi qui, malgré la défaite, acceptes de serrer la main des joueurs adverses en les félicitant. Ou encore toi, fidèle supporter, qui préfères encourager tes couleurs plutôt que d’insulter les adversaires.

Enfin, je terminerai par quelques mots envers nos responsables de l’Union belge. Je suis bien conscient que vos moyens sont limités et qu’il est difficile d’éviter tous les problèmes vu la multiplicité des matchs chaque week-end. Néanmoins, vous devez continuer votre combat contre les incivilités qui gangrènent notre sport. Il en va de sa survie !

Et surtout, n’oubliez pas : « Quand les dégoûtés seront partis, il ne restera plus que les dégoûtants ! »


Patrick Prévot
Président du FC Casteau 

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